vendredi 1 novembre 2013

Voyage d’étude en Belgique - 14-16 octobre 2013

1.Bibliothèque royale de Belgique

1.1.Librarium

Librarium est une exposition permanente de la Bibliothèque Royale de Belgique à Bruxelles ouverte depuis 2010. Elle répond à deux demandes :
- présenter les trésors de la Bibliothèque Royale au grand public gratuitement
- créer un parcours pédagogique consacré à l'histoire du livre et de l'écriture
Le pari semble gagné puisque l'exposition est conçue de manière très pédagogique et surtout tournante, afin que les œuvres exposées ne souffrent pas indument : elles sont changées tous les 3 mois.
L’exposition s’articule autour du tourbillon des mots : il s’agit d’une œuvre d’art conçue par Christophe Gaeta et réalisée par Isabelle de Borchgrave, prenant la forme d’une spirale où l’on trouve 8 mots, à savoir pensée, parole, écriture, livre, mémoire, savoir, communication et bibliothèque dans les 23 langues de l’Union Européenne, entre autres.
Le cheminement de l’exposition sera toujours le même, assurant des allers-retours permanents entre le passé et le présent et s’attachant à une citation de Julien Green :
Des sociétés humaines naît une pensée (salle 1, consacrée à l’apparition de l’écrit)
exprimée par l’écrit (salle 2, les différentes écritures et alphabets)
véhiculée par un support matériel (salle 3, les différents supports et formes utilisés au fil des siècles)
et figurée par l’image (salle 4, les images)
pour passer d’un auteur à un lecteur (salle 5, les vies du livre)
Elle sera conservée dans des lieux de mémoire où s’organiseront les savoirs afin de faire éclore une pensée nouvelle (salle 6, consacrée aux bibliothèques)

Au milieu de l'exposition ont été reconstitués les "cabinets des donateurs" (écrivains comme Verhaeren ou bienfaiteurs comme Mme Solvay) où les livres sont conservés  dans une sorte de "magasin vitré".

Points forts de Librarium
1) la gratuité
2) la clarté du propos
  • des thématiques claires et accessibles
  • peu d’œuvres, illustrant chacune de manière complète un aspect du thème traité (ex. un manuscrit carolingien, un manuscrit gothique, un manuscrit arabe etc.)
3) un environnement agréable
4) un dispositif moderne
  • les panneaux
  • Autour des œuvres se trouvent des projections numériques, des vidéos, ainsi que des panneaux d'exposition sous forme de smartphones géants (évoquant la proximité entre la tablette d'argile et la tablette moderne) sur lesquels cliquer pour accéder à des données plus précises, des frises chronologiques, des accès géographiques et une sélection d’œuvres numérisées en rapport avec le thème.
  • les cartels
  • De petites tablettes numériques remplacent les cartels, elles sont ainsi très faciles à mettre à jour trimestriellement.
  • les "cabinets de donateurs", assez à la mode
  • les hologrammes mettant en scène les personnels de la BRB

Limites de Librarium
1) un sujet qui demeure austère
2) une nécessité de médiation permanente
Pour être exploitée, cette exposition permanente sur un sujet qui reste, malgré tout, peu "grand public", a mobilisé et doit mobiliser certainement encore de nombreuses ressources du service éducatif de la BRB dans des accueils de classes et de groupes constitués. On trouve d'ailleurs de place en place des petits feuillets pédagogiques servant à expliciter la naissance de l'alphabet etc.
3) une logistique importante
Le changement trimestriel des œuvres nécessite des recherches permanentes dans les collections pour illustrer la même idée avec un support différent (avantage : permet de bien brasser les collections) ainsi que la fermeture de l'exposition 2 jours par trimestre.
Le rythme relativement élevé de changement ne permet pas apparemment de faire des cartels bien explicatifs : les œuvres doivent "parler d'elles-mêmes" en dehors du titre de la vitrine et de leur signalétique. On aimerait donc parfois avoir un peu plus de renseignements sur certaines d'entre elles, particulièrement exceptionnelles ou inattendues. C'est pourquoi il est envisagé par le service éducatif d'accompagner la visite d'un 4-pages constituant un petit catalogue des œuvres les plus remarquables exposées.
Conclusion
La visite a été appréciée, notamment grâce à la pédagogie et à l'enthousiasme de notre guide, au dispositif des smartphones et à l'ambiance générale de l'exposition.

1.2.Bibliothèque royale de Belgique, département des Manuscrits


Bernard Bousmanne est le conservateur de l'une des six sections de la Bibliothèque royale de Belgique, celle des manuscrits. Il nous accueille au sein de la salle de consultation. Après de brefs rappels historiques et la présentation de quelques pièces maîtresses, il nous fera l'honneur d'une visite de la précieuse réserve dont il a la garde.

La collection des manuscrits compte aujourd'hui environ 39 000 pièces, ce qui en fait la cinquième ou la sixième plus importante collection au monde. Importante par la quantité certes, mais aussi par la qualité. Elle est l'héritière de l'ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne qui comptait quelques 800 ou 900 volumes, comme celle des Médicis. De cette bibliothèque originelle, 280 volumes subsistent à Bruxelles. Les autres furent emportés pour partie à Paris par les "agences d'extraction" de Napoléon –il en subsiste encore 60 à Paris- ou encore à Londres et dans d'autres villes d'Europe. Après le Congrès de Vienne en 1815, les manuscrits retrouveront le chemin de Bruxelles.

Les manuscrits médiévaux ne sont qu'un des fleurons de la collection : à leurs côtés, des archives, des collections archéologiques, les manuscrits de Rimbaud et de Verlaine, des collections liées aux artistes Belges et bien d'autres…
Les collections font l'objet d'exposition, de publication et d'études bien entendu. L'exemple d'une récente collaboration avec les institutions parisiennes est cité, celui ayant permit la réalisation de l'exposition consacrée aux miniatures flamandes. La collaboration avec la Bibliothèque nationale de France fut quelquefois houleuse, les approches méthodologiques n'étant pas toujours les mêmes des deux côtés de la frontière. Cependant, elle conduit à la réalisation commune d'une exposition, d'un catalogue et d'un site remarquables.
Au cours de la préparation, notre collègue Thierry Delcourt, conservateur général en charge du département des manuscrits à la Bibliothèque nationale de France a trouvé la mort. Cette perte fut douloureuse pour tous.

Quelques monuments sont montrés et donnent lieu à des commentaires :

Chroniques de Hainaut
    Mons (écriture) et Bruxelles (enluminure), 1446-1448.
    Parchemin, II + 295 + I f., 439 × 316 mm, 39 miniatures à mi-page
    Provenance : Philippe
    Ms. 9242, f. 1


Miniature figurant Philippe le Bon recevant en conseil l’hommage des Chroniques  
de Hainaut des mains de Simon Nockart. Le souverain est vêtu de noir, couleur qu'il imposera et dont il fera la marque de sa dynastie. L'enluminure est de la main du grand peintre Rogier Van der Weyden.
Le manuscrit fait régulièrement l'objet de demandes de prêt venant du monde entier. Le dernier prêt accordé fut pour le Rijks Museum, mais on rappelle les difficultés administratives liées à la constitution des dossiers d'autorisation de sortie du territoire pour de tels chefs d'œuvre.

Certains aspects de la conservation sont évoqués : il y a dix ans de cela, le manuscrit a été restauré. Des analyses spectroscopiques ont été faites, notamment pour une tache sur un des visages des personnages de l'enluminure. L'étude
des pigments a pu montrer que de la bougie et peut-être de l'eau sont à l'origine de cette tache. On peut aussi observer les traits du dessin du peintre : ils confirment qu'on est bien en présence d'un dessin de peintre et non d'un dessin préparatoire pour l'enluminure. Après inspection au microscope, on peut affirmer que les différentes couches picturales de l'enluminure sont appliquées à la façon des peintres et non comme le ferait un enlumineur.

La restauration se développe au sein de la bibliothèque royale. Une restauratrice est présente in situ, mais il est aussi fait appel à quelques interventions extérieures, six ou sept spécialistes en restauration. Ces appels sont ponctuels et peu nombreux en raison des coûts des prestations externes.

L'accès aux collections des manuscrits se fait sur autorisation spéciale. Huit places sont réservées à la consultation pour les chercheurs qui travaillent sous une lumière blanche dont l'innocuité pour les documents a été testée. Des lutrins ajustables ont été spécialement designés pour la Bibliothèque royale.

En raison de leur célébrité, de leur préciosité ou de leur fragilité, certains manuscrits –une quinzaine- sont déclarés incommunicables, ils ne seront plus jamais manipulés, sauf si cela s'avérait absolument indispensable. Environ trois cent ou quatre cent autres, également très précieux,  sortiront uniquement sur autorisation exceptionnelle.

Le Roman de Gérard de Nevers
    Texte inspiré du Roman de la Violette écrit au début du XIIIe siècle par Gerbert de Montreuil.
    Manuscrit sur papier orné de 54 illustrations exécutées à l'encre et à l'aquarelle.
    Ms. 9631

Le manuscrit, datant de la même période que le précédent, est illustré par un artiste connu sous le nom de Maître de Wavrin, d'après le nom du principal commanditaire. Seules quatre productions sont attribuées à cet artiste. Le manuscrit illustre parfaitement le goût particulier des ducs de Bourgogne pour les romans courtois. L'histoire est celle de la belle Euriant et de son chevalier, Gérard de Nevers. Un troisième personnage, Liziard, vient perturber leurs amours en voulant séduire Euriant. S'ensuivent moult aventures, duels, tournois où un dragon, un philtre d'amour, une bague ont un rôle à jouer.
Le manuscrit, actuellement démonté, est en cours de restauration. Chaque feuillet est placé dans une pochette de conservation transparente et peut donc être montré aisément.

Bréviaire de Philippe le Bon, à l'usage de Paris, enluminé par Jean Le Tavernier, retranscrit à Paris en gothique textuelle.
    Pays-Bas méridionaux, vers 1460-1465.Vers 1460-1465
    Parchemin, 528 f., environ 295 × 215 mm, 6 miniatures à mi-page, 14 de petit format, 8 initiales
    historiées
    Provenance : Philippe le Bon
    Ms. 9511

L'essor des villes flamandes est un contexte favorable pour le développement des commandes de livres. La guilde de Saint Jean l'Évangéliste réglementait le travail des parcheminiers, des fabricants de papier et autres métiers liés à la fabrication du livre.  Cela supposait une division du travail par spécialité et les livres étaient donc réalisés en différents endroits. On peut maintenant fabriquer un livre dans son entièreté sur un même lieu. Ce bréviaire n'en est pas vraiment un exemple puisqu'il a été enluminé à Bruges par Jean Le Tavernier.

Nous sommes invités à consulter le site Belgica où est numérisée une grande partie des collections de manuscrits (environ 35 %). Il doit encore s'enrichir de
25 000 images d'ici un peu plus d'une année.
La numérisation est réalisée sur place. La bibliothèque est équipée d'un scanner professionnel acquis dans le cadre du programme Europeana Regia visant à numériser les grandes collections de manuscrits de bibliothèques royales dispersées à travers toute l'Europe. Les usagers sont autorisés à réaliser eux-mêmes une vingtaine de clichés, et, s'ils souhaitent davantage d'images, une autorisation spéciale doit être obtenue.

Verlaine et Rimbaud
Une partie des éditions de Verlaine était conservée au Palais de Justice de Bruxelles et se trouvait interdite de communication jusqu'en 1980 !
L'équipe patrimoine de la Bibliothèque travaille à une grande exposition consacrée à Verlaine. Le projet est prévu pour l'année 2015 et demande un travail considérable de recherches, de demandes de prêts, tant à des institutions qu'à des particuliers, sans parler du montage et de la scénographie. La bibliothèque municipale de Metz et  le Musée Rimbaud de Charleville-Mézières seront d'importants contributeurs avec environ 200 pièces. L'exposition se tiendra dans les anciens abattoirs de la ville de Mons, dans le cadre de "Mons 2015 capitale européenne de la culture". Trois parties rythmeront l'exposition : une première autour de l'affaire de Bruxelles, une seconde liée à la prison de Mons, et une troisième relative au retour de Verlaine donnant des conférences, vingt ans après son départ de Belgique. Cette période est caractérisée par une grande émulation entre les artistes, c'est ce que fera ressortir l'exposition.

Quelques pièces manuscrites et des photgraphies sont montrées et commentées avec enthousiasme par Bernard Bousmanne :
- Le télégramme où Verlaine prétend qu'il s'engage dans l'armée espagnole,
- Une lettre de Verlaine dans laquelle il supplie Rimbaud de revenir vers lui. La
  lettre est annotée par le juge Théodore t’Serstevens qui poursuit Verlaine et
  charge le dossier, ce qui conduira le poète à une condamnation de deux ans,
  soit la peine maximale.
- Une autre lettre de Verlaine où il explique la vente de ses vêtements,
- Le scandaleux poème "Le bon disciple", interdit de publication jusqu'en 1980,
- Photographie -la seule connue- du juge t’Serstevens, personnage issu d'une des
  sept grandes familles belges,
- Une lettre remplie de notes prises par la femme du neveu de Verlaine, dans la
  prison même de Mons, avec commentaires et schémas éclairant les conditions  
  de vie du poète enfermé.

Ces deux dernières pièces sont des acquisitions récentes. Le budget consacré aux acquisitions patrimoniales, pour la section des manuscrits, est de 25 000 euros. Au regard des prix du marché, ce montant est très faible. Il est quelquefois possible de recourir à l'aide accordée par la Fondation Roi Baudouin mais, dans le cas de pièces proposées à la vente aux enchères, même avec une grande réactivité des conservateurs, il n'est guère envisageable de pouvoir monter un dossier suffisamment rapidement.

Deux pièces sont encore montrées qui marqueront assurément les esprits :

- Un portrait de Verlaine par Jean Rictus. L'artiste a adopté la signature J.R. ce qui conduit penser que le portrait a été dessiné vers la fin de la vie de Verlaine, il s'agit probablement de son dernier portrait.

- Enfin, last but not least, notre conservateur sort d'un étui de peau un objet immédiatement reconnaissable : un revolver, le fameux revolver avec lequel Verlaine a blessé Rimbaud ! Est-ce bien le vrai ? Des analyses balistiques ont été menées pour en vérifier l'authenticité : l'arme en question a bien tiré deux ou trois balles au maximum, ce qui va dans le sens la vérité historique. On sait que le coup de feu a été porté à deux ou trois mètres de distance et que la balle est restée dans le poignet. Là encore, des tests ont montré qu'avec ce revolver de poche, un 7 mm de la marque Lefaucheux, la balle ne serait pas ressortie.  Après l'affaire, l'objet avait été remis à l'armurier qui l'avait vendue, personne ne l'ayant réclamé.  L'arme restera dans la famille plus d'un siècle. Dans les années 1980, l'entreprise fait faillite. L'arme est offerte à un ami venu aider à l'inventaire. Celui-ci réalisera la valeur de l'objet qu'il détient en visualisant le film "Éclipse totale" avec Léonardo Di Caprio. Manifestement, l'arme montrée dans le film ne correspond pas du tout au modèle original. L'heureux propriétaire se manifeste auprès du conservateur de la Bibliothèque royale de Belgique, qui n'en croit pas ses oreilles.
 L'objet sera bien entendu prêté pour la grande exposition de 2015, mais quel en sera le sort après ? L'espoir d'un dépôt se fait jour, mais, à l'heure présente, nul ne le sait.

Notre visite se poursuit par la traversée de la Réserve précieuse des manuscrits.
 Le magasin est bien sûr équipé de tous les capteurs de sécurité souhaitables, pour la température, l'humidité, l'incendie.  D'emblée, nous sommes frappés par l'ordre et la grande propreté qui règne dans les lieux. Cependant, Bernard Bousmanne nous apprend qu'un nouveau dispositif devrait permettre d'aspirer la poussière fine, toujours trop présente à ses yeux. De nombreux boîtiers en carton de conservation renferment les manuscrits, environ 300. Ils ont été réalisés sur mesure, par découpe au laser. Certains boîtiers, d'un autre type, laissent voir le dos de leurs précieux locataires. A notre étonnement, nous apercevons un grand nombre de manuscrits dont la restauration est poussée à l'extrême, allant jusqu'à une restitution pastiche plutôt malvenue. A dire vrai, l'histoire n'est pas à l'honneur de la Bibliothèque royale. Nous apprenons qu'un ancien membre du personnel a fait dérelier les manuscrits pour les doter de ces déplorables couvrures, faisant disparaître pages liminaires, inscriptions de provenance et reliures d'origine. Une fois "pensionné", comme disent nos voisins belges, ce bibliopège de bas étage a poussé l'impunité jusqu'à revenir dans l'enceinte de la bibliothèque proposer à la vente des fermoirs de livres anciens "trouvés en brocante". Ne poussons pas l'histoire plus avant, le mal est fait et si l'on devait en tirer une leçon, reste à espérer que ces interventions servent, autant qu'il est possible, de contre-exemple de "restauration".
Pour finir sur une note plus réjouissante, nous voyons qu'aujourd'hui toutes les interventions sont consignées et qu'une collection de défaits conserve la mémoire des anciennes reliures ou anciens conditionnements considérés comme néfastes ou peu adaptés.
Le trésor est bien gardé et, chaque année, un recollement intégral est opéré au sein de la collection, l'une des plus riches au monde.

2.Bibliothèques de Schaerbeek


Stéphane de Sessicy, directeur du réseau de 3 bibliothèques sur la commune de Schaerbeek : Mille et une pages, Thomas Owen, Sésame.
Banlieue proche de Bruxelles de 130 000 habitants, 2ème commune la plus jeune, multiculturelle avec 40% Turcs et Marocains.
20 bibliothécaires (pas de responsable par site mais par pôle comme l’accueil,…)

Bibliothèque Sésame ouverte en 2009, très bien desservie, proche gare
1 700 m2. Bail de location de 25 ans. Subvention de 60 000 €/an 
Belle visibilité car se situe dans le même bloc qu’un complexe sportif (grande vitrine qui se voit de loin)
C’est une bibliothèque pour tout public avec comme activités principales à part le prêt des collections : de la médiation, des rencontres (lire dans les parcs), concerts, lecture les dimanches qui favorisent la cohésion sociale. En lien avec les événements importants de la commune comme Europalia (grand festival international qui présente tous les deux ans l’essentiel du patrimoine culturel d’un pays).
Nombreuses conventions avec des partenaires.

Service éducatif en sous-sol : lieu pour travailler, espace numérique accessible aux étudiants, prêt de livres étudiés en classe (autant d’exemplaire que d’élèves)
Accueil de crèche.
Empruntez un bibliothécaire : cas des primo-arrivants qui arrivent en groupe à qui on propose une visite individuelle ultérieure.
Ludothèque et jeux vidéo.
Numérique : peu d’investissement car peu de moyens contrairement à la Flandre

2 spécificités wallonnes :
1- un bibliothécaire n’est pas un médiathécaire et inversement. Les fonds DVD et CD musicaux proviennent de la Médiathèque, institution créée en 1976 par un arrêté royal, qui a le monopole de la production musicale et audiovisuelle
(1 million de documents en prêt payant), malheureusement en faillite. Ce qui implique 2 fonctionnements de prêt séparés, personnel séparé.
2- un décret en 2009 prévoit un plan quinquennal (2013-2017) : oblige à revoir les missions des bibliothèques, suite au constat de la baisse des prêts, de la fréquentation. On arrête la mise en valeur des collections en faveur de la médiation, et ainsi servir de plate-forme relais entre le maximum de partenaires : ce qui implique un profond et rapide changement du métier (management de résultat).

On peut faire un parallèle entre l'aide qu'apportent, en France, les Médiathèques Départementales aux bibliothèques municipales et l'aide qu'apportent les 9 bibliothèques provinciales (correspondantes à la division de la Belgique en 9 provinces) également aux bibliothèques communales, par la mise à disposition de documents et pour l'aide à la gestion du catalogue informatisé.

Ressenti :
Malgré l’accueil extrêmement chaleureux on sent que la crise est vive et a des incidences plus qu’en France parce que l’État les met vraiment au pied du mur. Si dans 5 ans les objectifs ne sont pas atteints, les subventions cessent et le fonctionnement des établissements en pâtira aussi. Mais nos amis belges avec leur humour, disent qu’ « ils ont l’habitude de travailler avec des queues de mirabelles… »

3.POINT CULTURE LIEGE

Ville d’environ 200 000 habitants, Liège fait partie de la francophonie belge (Namur, Liège, Bruxelles, Charleroi,...), comptabilisant 4 millions d’habitants.

Le Point Culture appartient à l’ASBL, association sans but lucratif existant depuis une cinquantaine d’années, émanation des pouvoirs publics. Ce réseau, proposant uniquement des documents en Image & Son, est une spécificité wallonne, forte de riches collections et d’un personnel (120 équivalents temps plein) ayant acquis une grande compétence audiovisuelle.
Presque tous les médias sont représentés, y compris des revues, dans le domaine, mais pas de livres, ni de partitions.

L’ASBL prête à d’autres points du réseau associatif, y compris à la demande personnelle d’un usager, DVD, CD, jeux vidéo, documentaires, après avoir d'abord prêté des vinyles. La livraison est assurée 1 fois par semaine : quelques centaines de médias circulent ainsi sur les 8 centres ASBL.
Elle prête également ses documents à la médiathèque de la ville, d'où l'existence de 2 lieux parallèles : l'un associatif, l'autre municipal, régis par des règles différentes !

Le POINT CULTURE est ouvert tous les jours, sauf dimanche & lundi, de 12 heures à 18 heures. Il emploie 10 personnes, soit l’équivalent de 7 emplois à temps plein, payés par l’association, elle-même subventionnée. Les "fonds propres" sont alimentés par la location des documents (DVD : 1,40 E ; Films-Jeux : 2,75 E ; ou formule), l'inscription étant gratuite, à vie.

La baisse des contributions par les prêts - baisse des prêts CD de 60% en 10 ans, sachant que, pour Bruxelles région, il existait 1,2 million de prêts avant la baisse - s’est vue compenser par l’augmentation des subventions. Auparavant à 80% en ressources propres, l'ASBL fonctionne dorénavant à 25% en ressources propres, et 75% par subventions.
L’établissement d’un cahier des charges pour les régions Wallonie et Bruxelles, suite aux difficultés qui se posent, a été voté par le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles, dans le cadre du contrat-programme 2013-2017.

Le POINT CULTURE (ex-appellation : « La Médiathèque ») s'est donc vu imposer une approche nouvelle depuis quelques années, et un nouveau lieu depuis avril 2013, au sein de l'îlot Saint Michel, au centre-ville, dans des locaux certes un peu moins vastes, mais moins onéreux, et plus lumineux -peut-être trop pour les collections -. Il est vrai que la notion de Patrimoine recouvre le prêt, sans dimension de protection, ni DL, ni mission de conservation voulue ou imposée, ce qui est certainement dommageable, puisque la création de l'ASBL est antérieure à celle du dépôt légal belge à la Bibliothèque Royale (1er avril 2008).

Ce dernier et nouvel espace est dévolu pour 1/3 aux collections, dans un nouveau mobilier original (les bacs  CD & DVD sont des tables de serre, destinées primitivement à un usage horticole, le bureau de travail interne et réception se situe dans une serre), pour 1/3 au plateau comme média/agora, pour 1/3 à un espace cosy/accès wifi.
L’usage en est gratuit sur place, ouvert à toutes & tous, y compris lors d'animations (pour l'instant !). Parfois, l'équipe considère cependant qu'il serait mieux de demander une participation, car, bien qu'il soit nécessaire de s'inscrire pour suivre une action, peu de monde se présente le jour dit ! Se pose également la question de trouver de nouvelles recettes financières : location du plateau, utilisation du média, …
Suite aux diverses questions posées par les membres de l’ABF, le directeur du POINT CULTURE répond
Que le logiciel de gestion a été développé au sein de l’association ;
que le téléchargement et la vente de fichiers audio avaient été envisagés, mais pas vraiment réalisés, à cause des problèmes posés par le piratage ; et de conclure que cette offre, un peu plus développée avec des producteurs indépendants, « marche, mais ne rapporte rien ! ».

Interrogé à propos des outils de communication du blog, il remarque que personne ne lit les blogs, bien que Internet soit le « mot magique », que « tout le monde veut être sur internet », mais la problématique est : « pourquoi ? ». De plus, « la multiplication des blogs tue son usage ». (Cependant, il existe un blog interne.)
Donc, un magazine papier gratuit, bimestriel, alimenté par les contributions du réseau est distribué sur place, et dans les différents points-partenaires. Des affiches sont réalisées par des membres du personnel, infographistes au sein de l’équipe, mais de façon moins soutenue que dans « La Médiathèque » : auparavant, 2 actions mensuelles ; aujourd’hui, 18 actions sur 2 mois !, d’où une communication par affichage plus ardue et trop lourde, en temps et espace.
Mailing et newsletter sont en cours de développement, surtout depuis la fréquence accrue des animations.

Devenu partenaire de services, le POINT CULTURE, par un contrat-programme de 5 ans (débuté en juillet 2013), avec objectifs à atteindre, s’est vu obligé de modifier son approche. Ce d’autant plus que la baisse des prêts impacte sur le temps consacré au service public & au rangement, et génère davantage de temps pour accueillir des projets.
Les formations vers le personnel vont s’en ressentir : gestion de projets, coaching, prise de parole en public,… D’autres problématiques sont également apparues : le planning des rendez-vous à gérer, suivant les compétences de chacun ; l’offre de formation ; les acquisitions plus que modérées, par prospection de chaque responsable dans chaque domaine, centralisées, le centre principal pouvant y faire une sélection, sans cependant y réaliser d’ajout.  
Le POINT CULTURE s’efforce de répondre aux contraintes imposées :
compenser par la médiation culturelle, la diffusion d’informations culturelles, en offrant de nouveaux services :
- animations, événements, festivals
  information, aide logistique pour de petits acteurs locaux : usage du lieu, captation d'événements, screaming sur des événements, carrefour & "caisse de résonance" pour des acteurs / partenaires locaux, … (Parallèle fait par le directeur avec les 'Maisons des associations", en France).
- accompagnement & relais des personnes en difficulté, par la mise en place de tarifs réduits à certaines dates et pour certains lieux, constituant alors un circuit complet obligatoire pour l'usager inscrit
-  mise à l'aise des publics par des rencontres, des découvertes avant spectacle (par ex. : présentation des musiques juives avant le concert de musique juive).
- réponse aux demandes des « partenaires », qui viennent trouver le Point Culture (lors que la crainte initiale était justement de ne pas parvenir à trouver des partenaires !) Il s'agir aussi bien d'associations que de particuliers amateurs…, le Point Culture n'étant pas un lieu de concerts à proprement parler, type salle de spectacles où se produire, mais bien plutôt un lieu de présentation, d'introduction à un spectacle, d'explication par les artiste musiciens, …, bien plus qu’un lieu de représentation. Pour l'instant, "ça colle", suivant son directeur. Mais par la suite, si la demande est trop forte, qu’adviendra-t-il ?

Le nombre d'activités (par rapport au nombre de salariés) est déjà très  important. D’ailleurs, les inspecteurs administratifs ont été sidérés par tout ce qui doit, ou peut être fait. D'où la nécessité pour l’équipe, son travail et sa survie, de limites à poser, et l’élaboration d'une charte d'usages, tout en gardant une identité propre : le cinéma et la musique.
De la médiation culturelle et de l’offre artistique dans tous les domaines, tous azimuts :
offre-projet, avec le partenariat de bibliothèques et/ou de centres culturels, le lien étant constitué par le rapport entre musique et écrit (par ex. : l’écriture des chansons ; ou, lors de la webfest, projections, séminaires, apéritif avec introduction/présentation du web, création de sites web,…), la mise en relation entre associations liégeoises existantes, l’apport d’une aide logistique (captation de spectacles,…), l’accompagnement pédagogique du public (transmettre et expliquer les codes pour mieux appréhender un spectacle.
Cela est devenu le cœur de la mission du POINT CULTURE, bien que cependant encore en cours de définition, et difficile à mettre en place, puisque les différentes instances n'appartiennent pas au même ministère.   

Les interrogations, voire les difficultés, s’avèrent nombreuses :
ne pas créer de concurrence avec d’autres centres culturels ou lieux de spectacle, tout en trouvant du financement (location de l’Agora ?), tout en réorganisant le service (du temps pour créer de nouveaux partenariats ?), tout en quantifiant les actions (nombre de partenariats ? Nombre d’événements ? de participants à un événement ? Gratuité ou versement d’une quote-part ?...), le tout en ayant pris soin d’évaluer les missions du POINT CULTURE.  
Au cœur et en activité première, se profile une tendance : l’aide aux projets, dans l’espoir d’instaurer des liens plus permanents. Le prêt devient alors plus que secondaire, même si, pour l’équipe et son directeur, il reste plus que souhaitable !
En conclusion, l’évolution du POINT CULTURE reste à définir, portant beaucoup d’imprécisions, voire d’inconnues, dans ses missions, toujours en questionnement.  L’équipe donne l’impression d’être décontenancée par ses nouvelles missions, éloignées de la location de documents et du renseignement documentaire.

Remarques diverses :
mobilier et serre horticoles : bureau vitré → problème de la transparence, y compris pr rendez-vs, ms avantage, car au cœur du lieu
                                          racks / tables de rangement → mobilier peu cher & original / mobilier usuel de Méd., ms non adapté handicap & petite taille.
sacs papier pr emprunts. 
architecte d’intérieur pr mobilier : Lhoas&Lhoas (chauffeuse super !). Ms ∆ aux angles droits → courbes + appropriées.
partenariat avec Oxfam pr boissons & petits en-cas, sur banque centralisée (accueil, inscription, prêt, retour,…).

4.Le Mundaneum : « Un Google de papier »


    Ce centre d'archives et centre d'expositions temporaires, situé à Mons (province de Hainaut), est ouvert au public depuis 1998. Il comprend 3 bâtiments : deux pour les archives et un musée. Il appartient au Ministère de la Communauté française.
    Spécialisé dans 3 thématiques : le féminisme, l'anarchisme et le pacifisme, il abrite de riches collections, fruits de nombreuses collectes débutées dès le XIXème siècle à l'initiative de deux hommes : Paul Otlet et Henri La Fontaine. Plus d'un siècle après, la ville de Mons se prépare à être capitale européenne de la culture en 2015.

    Afin de préparer cet événement, le Mundaneum a entamé une phase de travaux en juillet dernier. Ces travaux ont pour but de réhabiliter les espaces de stockage et de fournir des magasins adaptés à la conservation. Les bureaux de l'équipe sont donc délocalisés provisoirement au n°2 de la rue de la Réunion à Mons, où nous avons été reçus par Raphaèle Cornille, ‎Conservatrice des collections iconographiques et responsable des projets numériques et Stéphanie Manfroid, responsable des archives.
    Quelques archives, telles que des photos des fondateurs et du palais mondial, un atlas de la préhistoire, réalisé à la main, le Répertoire bibliographique universel (une des premières versions), nous ont été présentées.
Cette rencontre a été l'occasion de découvrir l'histoire de ce centre d'archives, les collections qui le constituent et d'évoquer les projets en cours.

Un partage des connaissances pour la paix
Le Mundaneum est fondé à la fin du XIXe siècle par deux juristes, utopistes, Paul Otlet (1868-1944), père de la bibliographie (« père oublié du Web », New York Times) et Henri La Fontaine (1854-1943), Prix Nobel de la Paix en 1913.
Dès 1905, ces deux hommes œuvrent à la création d'un Répertoire bibliographique universel. Une ambition : rassembler toutes les connaissances du monde quelque soit le support (livres, journaux, affiches...). Tous deux s'intéressent dans le même temps à la manière d'organiser intellectuellement (Classification Décimale Universelle : CDU) et physiquement les collections et répertoires (comme exposer de la documentation dans des vitrines sur roulettes). Ils mènent également des réflexions autour de l'organisation des informations (classement par fiches descriptives, création de schémas...).

L'Union des associations internationales est créée en 1910 dans le même temps que l'exposition universelle de Bruxelles.
Elle occupe alors au musée international (Palais Mundaneum) près de 120 salles et permet un nouvel accès aux connaissances autres qu'encyclopédiques.
L'année 1934 marque la fermeture du Palais Mondial Mundaneum.
Après les décès de Otlet et La Fontaine, des bénévoles continuent leurs recherches et collectes.
Dans les années 1980, ce patrimoine archivistique est transféré au Centre de lecture publique de la Communauté française (CLPCF).

Le Mundaneum a actuellement pour objectifs la sauvegarde et la conservation de ce patrimoine, ainsi que sa valorisation au travers d’expositions, de publications et d’événements tels que des colloques, conférences. Toutes ces collections sont accessibles aux publics et chercheurs.

Une bibliothèque idéale : du papier au numérique
    Le centre d’archives du Mundaneum conserve aujourd’hui quelques 6 kms courants de documents (une grande partie des objets amassés par P. Otlet et H. La Fontaine, a été perdue ou volée lors des nombreux déménagements des collections).
    Le Mundaneum propose une section presse (Musée International de la presse) et conserve le Répertoire Universel de Documentation. Par la suite, d'autres sources documentaires viendront compléter ces collections comme les photographies, les plaques de verres (entre 40 000 et 50 000 conservées), les affiches (15 000), des cartes postales (200 000), intégrées dans le Répertoire Iconographique Universel, L'Encyclopedia Universalis Mundaneum (composée d'une collection de schémas conceptualisés par Paul Otlet dont la Mondothèque), les papiers personnels d’Henri La Fontaine et de Paul Otlet et les archives des Amis du Palais mondial.
En 2013, seulement 50% des collections sont inventoriées.

    Récemment, le Mundaneum a débuté plusieurs campagnes de numérisations (planches de l'encyclopedia, thématique de la guerre/paix) et de restaurations de photographies.
    Les services qu’il propose au grand public (enseignants, étudiants, historiens ou chercheurs) sont les suivants : aide à la recherche, prêt de pièces, numérisation, catalogue en ligne et visites guidées, montage d'expositions physiques itinérantes.
Il travaille également avec des classes et noue des partenariats avec des institutions culturelles ou scientifiques, comme de petites bibliothèques.
    Une collaboration entre le Mundaneum et Google (Google Cultural Institute) a vu le jour ces dernières années. Le moteur de recherche soutient des projets (ex : colloques ou expositions en cours « Léonie La Fontaine » ; « L'anarchisme ») assurant une valorisation des archives sous forme notamment d'expositions virtuelles. Une collaboration similaire existe entre le Mundaneum et Wikipédia.

Conclusion
Le centre d’archives et le musée rouvriront avec une grande exposition et un programme dédié à l'information design à travers l'Histoire et à la data visualisation.

Webographie

Filmographie
L'homme qui voulait classer le Monde, film documentaire de Françoise Levie coécrit avec Benoît Peeters, 2002, 60' (DVD)

Bibliographie
Raphaèle Cornille, Stéphanie Manfroid et Manuela Valentino, Le Mundaneum : les archives de la connaissance, Les Impressions nouvelles, Bruxelles, 2008, 95 p. (ISBN 978-2-87449-054-5)
Françoise Levie, L'homme qui voulait classer le monde. Paul Otlet et le Mundaneum, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, 2006 (ISBN 2-87449-022-9)
Sylvie Fayet-Scribe, Histoire de la documentation en France : culture, science et technologie de l'information, 1895-1937, CNRS-Editions, Paris, 2000 ( ISBN 2-271-05790-6)

5.Bibliothèque centrale universitaire de Louvain

C’est une bibliothèque spécialisée dans le domaine des sciences humaines essentiellement. Elle fait partie d’un ensemble de 11 établissements qui conservent toutes les collections universitaires de Louvain sur ses différents sites. La médecine fait par ailleurs l’objet d’une bibliothèque virtuelle.
Le lieu a été détruit 2 fois par les allemands, lors des 2 conflits mondiaux puis rebâti avec l’aide des alliés. Bien qu’incendié une nouvelle fois en 1940, le bâtiment actuel évoque le style de Renaissance flamande (ou néo-maniérisme nordique) adopté lors de la reconstruction entre deux guerres. Le décor de la façade comporte des références aux symboles héraldiques animaliers des différents pays ayant permis sa reconstruction (le loup russe, le coq français…). On y aperçoit aussi une vierge belliqueuse qui transperce de son glaive l’aigle germanique.
Au RDC se trouve une salle d’expositions temporaires ainsi qu’une cour intérieure bâtie sur le modèle d’un cloître. Sur l’arrière du bâtiment se trouvent 10 étages de magasins de livres ; les grandes salles de travail donnent en façade avec vue sur la place Mgr Ladeuze. Des ailes intermédiaires permettent de faire la jonction entre les 2 corps de bâtiment et abritent ainsi l’administration. Deux salles de lecture ont bénéficié de fonds étrangers dans les années 50 et sont donc les pièces les plus prestigieuses. Elles contrastent avec les autres locaux qui sont très austères (faute de moyens).
Lors de ces 2 destructions successives disparurent plus de 10 millions de livres dont l’immense majorité des fonds anciens. Il n’en reste aujourd’hui que 150 incunables. Heureusement la collection originelle de l’Université jésuite avait été dispersée dans les régions auparavant. Grâce notamment à des dons internationaux après la deuxième guerre mondiale, la bibliothèque centrale compte aujourd’hui plus d’1 million de volumes. On y trouve une grande bibliothèque asiatique provenant en partie d’un don de Hiro Hito, ainsi qu’une belle collection d’affiches sur les thèmes de l’antiféminisme, de la néerlandisation de l’Université entre les deux guerres ou de la propagande politique.
Dans les années 70, l’Université se scinde en 2 entités linguistiques : les francophones s’installent à Louvain-la-Neuve (environ 40 km de distance) et les néerlandophones demeurent à Louvain. A cette occasion a eu lieu un partage des collections existantes. Celui-ci s’est fait d’une façon très pragmatique : les documents ont été séparés selon leurs cotes entre chiffres pairs et impairs ! Cependant la cohérence intellectuelle ainsi que l’intégrité de certains dons ont été respectés. Aujourd’hui les quelques 45 000 étudiants de Louvain ont accès librement aux grandes salles de travail ainsi qu’à un étage de magasins dans lequel ils trouvent les documents concernant l’histoire du livre ou les bibliographies.

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